De tous les illustres personnages originaires de Marmoutier, le sergent Hoff défraya la chronique durant la guerre de 1870

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Né en 1836 (acte de naissance ci-dessus), Ignace Hoff exerça le métier de plâtrier jusqu’à son incorporation en 1856. Caporal en 1867, il obtint le grade de sergent en 1869. Lorsque éclata la guerre le 18 juillet 1870 Ignace instruisait les nouvelles recrues à Belle-Île-en-mer et croisa un jeune soldat venu de Marmoutier. Celui-ci lui rapporta que son père aurait été fusillé par l’envahisseur allemand vers la mi-août. Cette terrible nouvelle fit naître chez Hoff une haine viscérale envers l’ennemi ; il jura de se venger et d’en découdre avec ces maudits prussiens. Peu avant l’armistice, alors qu’il était prisonnier, il apprendra que son père était bien vivant. L’information erronée et qu’il ignorait, concernait son frère Aloïse décédé le 18 août 1870 à la bataille de Saint-Privat, près de Metz. 

De combattant téméraire il se mit dans la peau d’un justicier, chasseur d’hommes qui n’a de cesse que de traquer les allemands. De petite taille, rusé comme un renard, doté d’un sens aigu de l’observation et d’une bonne condition physique il réalisa des dizaines d’actes de bravoure, causant de très nombreuses pertes humaines à l’ennemi, au fusil, au sabre ou au coutelas, son arme favorite. Ignace opérait souvent seul à la faveur de la nuit, traversant même des fleuves glacés à la nage. Ses faits d’armes spectaculaires ont fait de lui un personnage légendaire digne des plus grands héros du cinéma d’aventure américain. Mais le 2 décembre 1870, il fut fait prisonnier avec sa compagnie. Ayant réussi à se débarrasser de ses papiers et galons pour ne pas se faire identifier (sa tête était mise à prix) Hoff, fortement soupçonné par ses geôliers ne fut jamais démasqué. Il finit la guerre dans le cachot d’un camp de prisonnier à Cologne, au pain sec et à l’eau, subissant de nombreux interrogatoires.

Libéré de ses obligations militaires le 10 mars 1872 il opte pour la nationalité française et habite avec sa mère et sa femme au 34 rue de Montenotte à Paris XVIIe. Le brave sous-officier est successivement gardien de square, puis de la colonne Vendôme (1875) et de l’Arc de Triomphe (1879).

Décédé le 29 mai 1902, Ignace Hoff sera inhumé au cimetière du Père Lachaise. Sur le piédestal de son monument funéraire, réalisé par le sculpteur colmarien Frédéric-Auguste Bartholdi en 1904, une jeune alsacienne écrit : France, souviens-toi.

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