Originaire de Marmoutier, du côté de sa mère, Georges Mandel occupa une des plus hautes fonctions politiques du pays

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Henriette Mandel, dite Hermine, naît à Marmoutier en 1855. Elle opte pour la France en 1871 et s’installe en région parisienne. Ses parents, restés en Alsace, sont enterrés au cimetière juif de Marmoutier. Hermine épouse Edmond Rothschild, un modeste tailleur. Le couple aura trois enfants dont l’aîné Louis-Georges né à Chatou (Yvelines) le 5  uin 1885. Dès 1902 celui-ci commence à écrire des articles dans Le Siècle, quotidien de gauche et adopte le patronyme de sa mère ; il devient Georges Mandel.

À 21 ans il entre au journal L’Aurore, initié à la vie publique par Georges Clémenceau, son patron de presse. Personnage complexe et contradictoire Mandel  s’engage en politique. Il accède au poste de Président du Conseil et en 1917 devient chef de cabinet du «Tigre» (équivalent actuel du premier ministre). Les deux hommes, très proches, s’apprécient mutuellement mais connaissent des relations conflictuelles, l’un n’appréciant pas toujours les initiatives de l’autre et réciproquement. En parlant de Mandel, Clémenceau disait : «Il n’a pas d’idées, mais il est prêt à les défendre jusqu’à la mort». Élu maire de Soulac, puis député de la Gironde et président du Conseil Général en 1919, il acquiert la notoriété et une légitimité électorale. Ministre des Postes en 1934 puis des Colonies sous le gouvernement d’Édouard Daladier en 1940, il finit par accepter le ministère de l’intérieur dans le cabinet de Paul Reynaud.

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Partisan de la résistance, il est arrêté par le régime de Vichy. Libéré, il rejoint le Maroc où il tente de former un gouvernement, mais capturé, il est ramené en «France libre» et interné au fort du Portalet dans les Pyrénées-Atlantiques. Dès l’occupation de la zone libre les nazis s’emparent de Georges Mandel et de Paul Reynaud qu’ils déportent aux camps d’Oranienburg puis de Buchenwald.

Après l’attentat contre Philippe Henriot abattu par des résistants le 28 juin 1944, la Milice souhaite exercer des représailles et demande aux Allemands de leur livrer Georges Mandel. Celui-ci est alors transféré à la prison de la Santé à Paris, puis assassiné sans aucune forme de procès le 7 juillet 1944 en forêt de Fontainebleau. Il repose à Paris, au cimetière de Passy.